Le bruxisme (grincement des dents)

Le bruxisme, qui se manifeste par un grincement ou un serrement des dents, principalement nocturne, concerne environ 10 à 15 % de la population française, mais fait encore l’objet de beaucoup d’interrogations, notamment en ce qui concerne ses causes et origines.
Si les personnes bruxomanes présentent pour la plupart les mêmes symptômes (douleurs dans les joues, les mâchoires, les tempes et en avant de l’oreille au réveil, usure accélérée de la surface dentaire), le diagnostic différentiel lié aux usures excessive des dents autres que le bruxisme (comme l’ensemble des érosions acides : sodas, agrumes, régurgitations…) peut induire des erreurs dans le dépistage des patients concernés.

Qu’est-ce que le bruxisme ?

Il existe deux types de bruxisme : l’un désigne le grincement intempestif des dents, l’autre le serrement continu des mâchoires, c’est-à-dire le fait de contracter les muscles masticatoires en dehors de l’action de l’alimentation (on parle d’activité para-fonctionnelle).

Les causes du bruxisme

Les causes du bruxisme sont encore mal connues. Le stress est néanmoins très souvent mis en évidence chez les individus bruxomanes. On distingue néanmoins deux grandes origines au bruxisme : celle liée à une altération de l’occlusion dentaire (perte de dent non compensée, couronne mal adaptée, dents de sagesses,…)et celle résultant d’une manifestation psychosomatique( troubles névrotiques).

Comment diagnostiquer le bruxisme ?

Faute de conjoint présent pendant le sommeil pour entendre le grincement des dents, plus ou moins bruyant, ce dernier peut se dépister par l’usure accélérée des dents qu’il engendre, lors d’une visite chez le dentiste. Les dents peuvent être extrêmement abrasées car les forces de serrage des mâchoires développées pendant le sommeil sont beaucoup plus importantes que celles qu’on rencontre lorsque l’on est éveillé.Habituellement, les forces développées lors de la mastication s’élèvent à 100 kilogramme au cm2. Dans le cadre du bruxisme, elles peuvent s’élever à 3 ou 400 kilogrammes au cm2. Les abrasions peuvent ensuite aboutir à des destructions importantes aussi bien des dents que des  prothèses. Les sujets bruxomanes se plaignent par ailleurs souvent de douleurs faciales, au niveau des mâchoires notamment.

Comment prévenir le grincement de dents ?

Le bruxisme, notamment nocturne, survient généralement avant la phase de sommeil paradoxal et n’est pas conscient donc pas « contrôlable ».Mais il ne survient pas seulement la nuit.On rencontre des patients qui utilisent, de jour, leurs dents pour des activités autres que la mastication, la déglutition ou la phonation, ce qui aboutit à des usures plus ou moins importantes.

Comment traiter le grincement de dents ?

Le bruxisme lui-même ne se traite pas. On ne traite que ses conséquences, et dans certains cas, on peut prévenir ses dégâts. Si les destructions dentaires sont très avancées (qu’elles concernent des problèmes infectieux ou esthétiques), on entre dans le cadre de restaurations par prothèses fixées. Celles-ci sont pour partie prises en charge par la Sécurité sociale. Il est aussi possible de limiter ou de prévenir les effets des grincements (sur les dents naturelles ou sur les prothèses) en utilisant des orthèses orales (autrement appelées « gouttières ») qui protègent les arcades dentaires

Les risques principaux sont l’usure, le déchaussement voire la fracture des dents, la perte des tissus dentaires (émail, dentine et pulpe) et les douleurs articulaires et musculaires. Outre les difficultés de mastication et les risques d’infection des dents très atteintes, on ne peut ignorer les lourdes conséquences du bruxisme vis-à-vis de l’esthétique du visage et du sourire. Le bruxisme peut également entraîner une hypersensibilité au chaud et au froid, des dégâts sur les gencives et les articulations temporo-mandibulaires, mais aussi des maux de tête et des douleurs cervicales.