Parodontologie

La parodontologie est une branche de la dentisterie qui consiste à s’occuper des tissus entourant la dent, c’est à dire les gencives, l’os et le ligament. Les maladies qui en découlent comme la gingivite ou la parodontite sont multi-factorielles (stress, tabac, hygiène, qualité de salive, hormones, etc.).

Evolution de la maladie parodontale
Evolution de la maladie parodontale

Il existe plusieurs phases de traitement réalisées par les Drs BECARELLI et QUINSAT

1 – Le traitement étiologique

  • hygiène bucco-dentaire rigoureuse: aucun traitement ne pourra être efficace en l’absence d’une bonne hygiène bucco-dentaire,
  • détartrage : le tartre sus gingival est éliminé par le chirurgien-dentiste à l’aide d’instruments à ultra-sons ou manuels. Il peut être complété d’un polissage.
  • surfaçage radiculaire : le tartre sous gingival est éliminé en profondeur sous anesthésie locale.

2 – Le traitement curatif

Lorsque la maladie est trop avancée, on réalise:

  • détartrage ou surfaçage à ciel ouvert: le chirurgien-dentiste réalise une incision afin de traiter plus profondément la lésion,
  • techniques de régénération tissulaire.

3 – Le traitement de soutien

C’est la réévaluation des différents traitements lors de contrôles réguliers, indispensable au maintien de la santé du parodonte.

La parodontite chronique peut être décrite comme une infection chronique. Le traitement de cette maladie passe donc par une maîtrise de cette infection. Il faudra, pour ce faire, parvenir à maîtriser d’une part la quantité des bactéries et, d’autre part, d’en maîtriser l’agressivité.

Par définition on ne guéri pas d’une maladie chronique, on se stabilise, on obtient une rémission. Cette stabilisation face à la maladie est recherchée par une stratégie de traitement spécifique : Passer d’un traitement initial suite à un bilan, le réévaluer et le corriger si nécessaire par des actions complémentaires pour placer le patient en situation de stabilisation par une maintenance régulière.

Maîtrise de la quantité de bactéries

L’excès de bactéries est lié à une hygiène dentaire insuffisante et à la présence de tartre. Il suffirait donc de maîtriser ces deux paramètres pour parvenir à maîtriser la quantité des bactéries ce qui constituera déjà un énorme pas en avant.

Maîtrise de l’agressivité des bactéries

La présence d’une forte proportion de bactéries agressives est induites par la présence de poches parodontales; de zones de décollement de la gencive où ces bactéries prolifèrent plus facilement. Si donc, il était possible de recoller la gencive, il serait dès lors possible de maîtriser la proportion de bactéries agressives.
Les moyens d’action

Quatre moyens d’action peuvent être envisagés :

Antibiotiques

Dans un certain nombre de cas une antibiothérapie sera associée au traitement local. Le choix sera dicté par le caractère aigu ou spécifique de l’infection.

Bains de bouche antiseptiques

L’efficacité des bains de bouches antiseptiques dépendra avant tout du produit utilisé. Mais même pour les produits les plus efficaces (à base de chlorhexidine), cette efficacité sera limitée à la surface là où le brossage peut lui aussi être efficace. Des bains de bouche antiseptiques ne pouront donc pas venir à bout d’une parodontite, mais seront utilisés, en complément, par exemple, dans les cas où le brossage doit être suspendu.

Amélioration de l’hygiène dentaire

C’est en général le nettoyage interdentaire qui fait le plus défaut. Le nettoyage interdentaire doit être réalisé tous les jours avant le brossage proprement dit. La première étape des traitements parodontaux consiste à enseigner une technique de brossage et à prescrire pour chaque patient les instruments adaptés : brosse à dents, fil dentaire, brossettes inter dentaires sont classiquement employés. La coopération du patient est primordiale car l’accumulation de plaque dentaire est quotidienne. Lorsqu’un diagnostic de maladie parodontale est posé, il est nécessaire pour obtenir et maintenir les résultats du traitement, d’avoir une hygiène buccale très rigoureuse. Un brossage adapté associé à un détartrage-surfaçage professionnel peut prévenir certaines formes de maladie parodontale et stopper la progression de la gingivite.

Restaurer l’étanchéité gingivale

L’étanchéité gingivale est assurée par des fibrilles qui forment l’attache épithéliale. Ces petites fibres sont parmi les premiers éléments à être détruits en cas d’inflammation gingivale. Si par contre, il était possible de chasser de manière durable l’inflammation gingivale on peut espérer que ces fibrilles réapparaissent et que l’attache épithéliale se restaure. Dès lors, il suffirait de désinfecter de manière durable la portion de la racine où la gencive est décollée pour voir la gencive se rattacher.

Désinfection mécanique
La désinfection de cette portion de la racine peut être réalisée de manière mécanique en cherchant à rendre cette surface la plus lisse possible. En effet, le lissage d’une surface quelconque conduit à l’enlèvement d’une pellicule du matériau que l’on cherche à lisser. C’est l’ablation d’une pellicule de la surface radiculaire, associée à l’instrumentation de ces sites infectés qui provoquent une désinfection capable de susciter le rattachement gingival. Le traitement consiste donc en un détartrage de la portion de la racine où la gencive est décollée, suivi d’un lissage de cette portion. C’est cette étape qui est appelée le surfaçage radiculaire.

Surfaçage radiculaire
Le détartrage et les surfaçages radiculaires consistent en un traitement soigneux des racines pour éliminer le tartre et la plaque dentaire – en particulier dans les poches gingivales ou parodontales- et lisser la surface des racines. Il s’agit d’un soin beaucoup plus poussé qu’un détartrage classique ou qu’un polissage des dents. Ce traitement nécessite parfois plus d’une séance. Il peut être réalisé sous anesthésie locale. Ce traitement est indiqué pour la majorité des patients. Il réduit l’inflammation et le saignement des gencives, diminue la profondeur des poches parodontales.

L’objectif de ce traitement est de provoquer une réattache entre la gencive et les surfaces des racines précédemment exposées. La suppression des poches parodontales est ainsi obtenue. Il convient de supprimer les facteurs de rétention de plaque dentaire dans le même temps (caries, rebords d’obturations).

Ce traitement peut être suffisant pour stabiliser l’état parodontal dans les formes précoces ou modérées de la maladie. Ce travail est, le plus souvent, réalisé sous anesthésie locale et, dans la grande majorité des cas, par voie non-chirurgicale. Il existe, toutefois un certain nombre de lésions dont la profondeur ou surtout la complexité les rendent inaccessibles au traitement non-chirurgical. Dans ce cas un abord chirurgical, par élévation de lambeau, sera appliqué. Ce traitement de détartrage-surfaçage radiculaire est réalisé en 2 ou 4 séances. Les suites opératoires sont en général très acceptable.

Suivi et réévaluation

Après ce travail, un premier contrôle est réalisé. Lors de ce premier contrôle, environ 80% des sites traités doivent être résolus. Les 20 % restants doivent montrer un progrès et ce progrès peut encore se poursuivre au fil des 12 mois suivants. Pour promouvoir cette poursuite de la guérison et pour maintenir celle-ci lorsqu’elle est obtenue, le patient est enrôlé dans un protocole de soins parodontaux d’entretien appelé: « la maintenance parodontale ».

Maintenance parodontale

La maladie parodontale, comme toute affection chronique, doit être surveillée pour éviter toute aggravation ou récidive.
Le succès à long terme d’un traitement parodontal repose donc sur un suivi minutieux, appelé thérapeutique de soutien, qui commence dès la fin du traitement actif. Elle sera proposée au patient comme un prolongement indispensable. Sa durée est illimitée.
L’objectif de la maintenance est de maintenir l’état parodontal obtenu à l’issue du traitement actif ou, plus rarement, de ralentir l’évolution d’une parodontite réfractaire à notre traitement.

La séance de maintenance doit être une procédure de routine standardisée pour éviter les oublis et faciliter les comparaisons dans le temps. Elle débute par un examen clinique qui comprend une nouvelle fois un bilan parodontal complet (mesure des poches, contrôle de plaque et recherche des signes inflammatoires). Bien souvent, il sera utile de remotiver notre patient, dont le temps et les événements de la vie viennent souvent contrecarrer les bonnes intentions de départ. Même les patients les plus motivés peuvent aussi faiblir dans leur rôle de prévention.
Grâce aux rappels, sans relâche, de l’importance d’un contrôle de plaque irréprochable pour le maintien de sa santé parodontale, il devient possible de préserver à long terme une stabilité.

Nous profiterons aussi de chaque contrôle pour remettre à zéro le compteur bactérien supra et juxta-gingival, par le biais d’un nettoyage prophylactique, en se permettant de descendre prudemment en sous-gingival au niveau des sites plus instables.

Dans les mois qui suivent le traitement parodontal, les contrôles seront fréquents pour s’assurer de la ”stabilisation” parodontale et de la motivation du patient. On préconisera alors un contrôle bi-annuel. Après un an, chez les patients considérés comme stabilisés et ayant une hygiène correcte, nous pouvons conseiller des contrôles bi-annuels. Par contre, pour les patients à haut risque (hygiène approximative, tabac >10cg/jour, antécédents de parodontite agressive, traitement orthodontique), la fréquence des séances de maintenance doit rester soutenue pour pouvoir intercepter une éventuelle récidive (3 fois par an minimum).